Vidéo d’entreprise et Internet, un défi.

Plusieurs centaines de millions de vidéos sont référencées sur Internet, à travers plusieurs milliards d’occurrences, mais bien peu connaissent une diffusion de masse. Dans ces conditions, comment une entreprise peut-elle communiquer efficacement sur le web par le biais d’un film institutionnel ? Comment créer une vidéo qui sorte du lot et remporte l’adhésion des internautes, afin de véhiculer l’image de marque de l’entreprise au plus grand nombre ? Pourtant, un réel potentiel existe avec 4 milliards de visionnages par jour dans le monde sur YouTube, en 2015*.

On constate que la consommation de la vidéo sur Internet change peu à peu avec l’augmentation des débits, la mise à disposition massive de programmes TV, la multiplication des plates-formes de diffusion ou encore l’apparition récente de téléviseurs permettant de se connecter. Les internautes sont d’avantage en quête de contenus audiovisuels riches et qualitatifs que par le passé, que ce soit pour leur information ou leur distraction. Utiliser la vidéo comme support de marque dans ce contexte représente un défi motivant pour l’entreprise.

Un clin d’œil à Jacques Tati

Voici en illustration un film réalisé pour Tempting Places. La marque souhaitait disposer d’un support pour communiquer sur son concept de « boutique-hôtel » sans trahir son côté glamour. Le choix s’est porté sur l’écriture d’une petite fiction façon court-métrage cinéma, drôle et décalée, à diffuser sur le web et dans certains festivals spécialisés. Le film devait pouvoir exister par lui-même, indépendamment de la marque, cette dernière opérant une forme de parrainage à l’instar de ce qui se pratique en télévision.

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L’humour par le décalage et l’absurdité d’une situation s’est imposé très vite à l’écriture, ainsi que le principe d’un film sans parole pour donner la part belle à la gestuelle. Mais c’est en découvrant le Village Suisse comme lieu de tournage possible, avec ses échoppes vitrées, que l’idée d’un clin d’œil au cinéma de Jacques Tati a vraiment pris corps. Le jeu des prises de vues à travers les vitrines, alternant proximité et distanciation avec l’action, une gestuelle humoristique s’appuyant sur un subtil rapport de connivence entre les trois personnages, la synchronisation des gestes avec la musique, tout cela soutient les ressorts dramatiques de ce petit film et lui donne une âme, afin qu’il puisse exister indépendamment de la marque dont il se fait le porte-parole.

Un autre aspect intéressant du projet a été celui de la technique image. Les lieux de tournage devant rester accessibles au public, il a fallu composer avec l’éclairage habituel de la galerie commerciale et des boutiques, constitué de lampes tungstènes, d’allogènes et de néons, sans oublier quelques entrées de lumière du jour. L’ensemble représentait un beau casse-tête afin d’harmoniser ce mélange de lumières aux températures couleurs différentes (teintes) avec les sources de tournage. A cela s’ajoutait l’omniprésence des vitres, reflétant sous tous les angles l’équipe technique et la moindre source lumineuse. L’utilisation d’un filtre polarisant, la disposition judicieuse d’un nombre restreint de projecteurs et un choix très précis des axes de prises de vues, nous ont permis de tirer profit de cette situation pour ne conserver que les réflexions qui servaient la narration.

Le résultat est le fruit de l’ambiance qui a régnée lors de cette unique journée de tournage et pendant sa phase de préparation : juste ce qu’il faut de stress et de concentration pour être efficace et beaucoup de bonne humeur pour créer ensemble en nous amusant ; car après tout, nous étions là pour cela !

Par Alexandre Eymery

*Chiffres communiqués par Google en janvier 2015.